h1

Le rituel du soir.

février 22, 2009

- … à demain ?

- Oui.

- Ca marche. Bisous.

- Bonne nuit.

- Bonne nuit, bisous.

- Bisous.

C’est con. Mais si un mot manque, je perds pied.

J-8.

(Et je suis surproductive, aujourd’hui. Comme quoi, la panne Cow a peut-être du bon.)

h1

Get on you dancing shoes.

février 22, 2009

J’aurais aimé la serrer tellement fort dans mes bras ce soir. Tellement fort à en avoir le tournis, qu’elle soit imprégnée de bisous pour l’année à venir. Et lui faire des signes de la main depuis la fenêtre de ma chambre, lorsque son avion passera au-dessus de chez moi. Même si ce n’est pas son chemin. Bouh, qu’est-ce qu’elle va me manquer.

h1

Soumise au point.

février 22, 2009

Il est l’heure pour moi de faire le point.

Pas le genre de mises au point temporaires que l’on fait tout le temps, comme pour se donner l’illusion de ne pas stagner. Vraiment une remise en question, le grand nettoyage que j’oublie de faire depuis bien des printemps déjà.

J’ai besoin d’air. Besoin d’espace. Besoin d’être à ma place. Le souci, c’est que j’sais pas vraiment où elle est, ma place. Que ce soit au lycée, à la maison, chez des potes ou seule dans un parc, j’ai un vide. Mais genre le vide-gouffre. L’espèce de trou béant situé vers la gauche, dans le haut du sternum. J’ai des envies. Des simples envies. Et j’ai des manques. Eux par contre, j’peux pas vraiment dire qu’ils sont simples. J’ai des besoins que je gère très mal. J’ai des pulsions incontrôlables. Bref je suis soumise. Je suis dépendante. Je suis dominée.

Par qui ? Bonne question.

Fondamentalement, j’ai peur de cette question. Je déteste me la poser, du plus profond de mon cœur. Me la poser, c’est me l’imposer. OUI, je suis accro. Mais à quoi ? A qui ? Pourquoi ? Pour combien de temps encore ?

Voilà pourquoi je hais me la poser. Pour toutes ces questions subsidiaires qui en découlent. J’ai dû recommencer trois fois le texte que je suis en train d’écrire. Trois fois. Et cette version-ci est totalement différente de ce que je voulais en faire au départ. Mais tant pis. Texte vital non-prévu. Et je ne m’en excuserai pas.
Une de mes dernières discussions avec Mathieu m’a profondément chamboulée. J’ai ouvert les yeux sur certains aspects de ma vie que je me borne à enfouir en moi depuis trop longtemps déjà.

J’écoute à longueur de journée des paroles incitant à la vie absolue et à l’infini paradisiaque. Mais j’en oublie l’essentiel.
Tous les jours un peu plus, je me reconstruis de tout Ça. De tout ce qui s’est passé. Et de tout ce qui me hante encore aujourd’hui.

Prendre ma plume, y mettre de l’encre, la faire glisser sur du papier. L’encre est rose. Je ne la voulais pas d’une autre couleur. Pourquoi du rose ? Encore une bonne question. Sans doute parce que c’est la couleur de mes souvenirs. Après tout, tout vaut mieux que le noir ou le rouge.

Je dors mal. Mon sommeil anarchique ne fait que me conforter dans ma situation disjonctive. Et puis, je l’avoue, le rouge pour mes murs, ce n’était pas une bonne idée. A trop vouloir me libérer, je me suis posé mes propres verrous.

Ca fait 5 jours que je ne suis pas sortie de chez moi. Cinq jours que je suis presque tout le temps en pyjama. *Faut te reprendre en main*. Ouais, possible. Mais à force d’avoir permis aux gens de s’accrocher à moi, j’ai plus de main libre. J’ai tellement tiré les gens vers le haut que je n’ai même plus la force de me maintenir debout. Et la chute est proche.

Je ne sais pas si j’ai besoin d’aide. Je pense plutôt avoir besoin d’amour. Peu importe sa forme. Je suis prête à accepter. J’ose à peine mettre le mot amitié. Bien sûr que j’ai des ami(e)s. J’suis loin d’être un vilain petit canard, pauvre djeunz rebelle et rejetée de la société (sa mère la tepu ziva wesh wesh, même).

Simplement, je suis quelqu’un de trop existentiel. A défaut d’exister.

Plus j’avance et plus je me heurte aux balises que je me suis fixées. L’ivresse éphémère d’un sourire me fait perdre un équilibre trop peu stable déjà en temps normal, et la buée de mes larmes voilent partiellement la trajectoire que, tant bien que mal, j’essaie de poursuivre. (J’en connais une qui dirait que je devrais arrêter d’écrire comme si je faisais un bouquin, mais tant pis, j’assume).

Chaque fois, j’ai peur de sombrer dans la plainte et la lamentation avec ce texte. Alors que ce n’est qu’une remise en question. C’est pour ça que je pense m’arrêter ici.

Alors les gens, SMILE. Après tout…

La Vie Est Belle (*)

(*) offre soumise à conditions

h1

Looks real cute, her lips are sore.

février 22, 2009

Je respire chaque seconde, la pâle lueur de ma dernière aspiration frôlant systématiquement le bout de mes lèvres glacées. Et le souvenir de ces baisers incandescents qui me brûlent la peau et me prennent à la gorge, lorsque les yeux sont fermés. Garder sous clé cette pulsion irrépressible qui fait défiler devant moi les images d’une liberté gravée entre deux illusions. La regarder s’évanouir dans les méandres de l’absolu. Stop, Erase, Rewind, Record, Play, on retourne à la réalité.

Je hurle de l’intérieur à cette passion qui m’anime, et laisse s’éteindre ma dernière lueur de douceur lorsqu’apparait le corps étranger. Comme une jeune demoiselle se transformerait en prostituée la nuit tombée, j’aligne rails de coke et orgasmes simulés. Pas d’échange de billet, la nature prend le dessus lorsque la musique rythme quelques mouvements appliqués.

Vapeurs d’alcool et cercles de fumée, mon quotidien fait couler des larmes sans amertume ni regret. Danser sur les tables avec pour bruit de fond quelques gémissements de douleur, victimes asservies clamant haut et fort leur propre abjection afin de protéger celle qui les détruit. Jouissance incommensurable de ne voir que des ombres affalées devant moi, rampant et gesticulant en quête d’attention, comme des pantins dont on aurait coupé les fils. Et avec délectation les laisser s’entreposer au seuil de mon désintérêt le plus total. Combler ce vide dévorant de peur et de solitude par l’accumulation sordide de ces âmes coupées à jamais de la réalité. Passer au suivant, et attendre la fin, les lèvres bleutées et le cœur consumé.

h1

Pour panser de coton le pauvre Monde.

février 22, 2009

La pulpe des doigts tremblants qui court de plus en plus vite et cogne les os en forme d’escalier. Implose de douleur, implose. Mais lève les yeux et souris sans faire battre ton cœur dans le bon sens. Les cailloux nacrés, les cailloux. Mais ils ne roulent pas sur commande le long des joues. Ses yeux trop bleus font barrière. Elle pourrait apprendre à coudre et raccommoder toutes les plaies encore trop fraiches. Gouttes de citron dans sa chair à vif, mords ton oreiller puisqu’il ne veut pas t’écouter. Les notes se perdent plus de jour en jour au fond de la mémoire, il parait qu’elles s’enfouissent. Comme on efface une tache d’un petit geste du poignet, les sanglots déjà juste au bord des lèvres. Pourquoi je tremble ? La tasse de thé me glisse des mains et vient s’éclater contre le sol. Bris de verre contre mon cœur, en rythme, à mesure que le temps avance, les coupures se font plus profondes. Quand t’es parti, quand tu t’es levé sans un seul petit regard. J’aurais voulu te dire, te hurler comme je t’aime, mais j’ai peur de tes yeux qui restent froids quelques soient mes mots. Hier, tu sais. Tes mains que j’aurais voulu prendre dans les miennes, mais j’ose jamais et je me mens, je me raconte de belles histoires qui parlent de mon bonheur, mais j’en vois rarement le bout du nez. J’aurais bien aimé te courir après et te balancer tout ce que j’ai sur le cœur et qui coince, que je n’ose jamais te dire, tout ce qui me froisse. Tout ce qui me fait pleurer. Je n’ai su que rester plantée là à te regarder t’éloigner en me tordant les doigts. Ton silence. Ton silence au fond du crâne, résonne, résonne, j’en crève tu sais. La route se tord et aucun de nous ne peut en apercevoir le bout, de toute façon je reste recroquevillée sous mes draps, incapable de faire un geste. Mes membres ne réagissent pas, mes poumons sont comprimés comme à cause du manque d’air, mais juste. Souris-moi, comme avant. Comme le petit garçon qui refuse de regarder avancer le temps, comme le petit garçon qui a peur de grandir. Les épingles ne tiennent plus mes lèvres en place, mais il parait que comme toujours je saurai les replacer en attendant le prochain coup de vent, et ça ira. On y croit le sourire saveur plastique, mais on y croit. Tes yeux comme des aimants, mais je me sens terne quand je les vois tellement tu me hurles par le regard que jamais ça ne recommencera. Tu entends ? Je grince quand je pense à toi, je suis usée comme un vieux morceau de tissu, cassée comme une branche de bois. Pourquoi je tremble, pourquoi moi ? Pourquoi toi. Je m’éparpille pour mieux perdre mes repères, mais je ne crois pas aimer ça. Les éraflures sont souvent superficielles quand on les regarde par derrière, mais pose tes yeux contre mon cœur et tu pourras frôler les cratères. La veine palpite un peu plus sous le doigt, enfonce-le encore et sens-la se débattre, chercher à s’échapper et céder sous la pression, céder. Mon trottoir est sali, souillé par mes histoires d’amours endommagées, mais j’y cours de plus belle sans penser au vide où je vais dégringoler. Il y a tes mots, les douces paroles un peu trop sucrées, mais tu connais l’amertume, la peine, les graviers par milliers qu’on balance sur tout ton corps ? Je bouffe les jours qui s’échappent et que je n’arrive jamais à rattraper, le regret est une maladie. Il ronge, il détruit. Et tes yeux, et tes couteaux. Et puis trois petits mots au milieu des sanglots, juste se rendre compte. Ceux trop difficiles à prononcer qui restent bloqués tout au fond de la gorge. Un peu trop sèche, éraflée, brisée. Et les lambeaux qui me servent de peau mais qui savent seuls se reconstituer. Les lambeaux, je te les ferais bouffer, jusqu’à la dernière miette, jusqu’au dernier morceau de mon corps déchiré. Parce que quitte à tenter d’être heureux, autant en même temps m’oublier.

h1

Will you come home and stop this pain tonight?

février 22, 2009

03:12 à la fenêtre, même les étoiles sont parties dormir. Mais tu disais ne jamais fermer l’œil sans avoir chassé chaque nuage un peu trop sombre. Et puisque cette nuit, il pleut dans ma tête. Tout sera trempé quand je voudrai balayer, et il fait lourd, trop lourd pour y penser. Tant pis. Cette nuit, le nuage porte ton nom, et il est plus noir que jamais. Les volutes de fumée, Indochine pour seule compagnie quand toutes les ombres sont parties. Les Nuits Intimes, et comment ne pas laisser s’échapper quelques larmes ridicules, quand on ne sait plus comment revenir en arrière. Les oiseaux ne chantent pas quand il fait si noir. Les oiseaux ne chantent pas quand je pense encore à toi. Au placard, l’ivresse, la beauté, les jours et les nuits confondus, mêlés. Au placard, les sourires incrustés, comme pour prouver qu’ils ne s’estomperont jamais. Chhhhht, ne pleure pas Nath. S’il te plait. Mais tu n’es plus là pour me prendre la main quand j’étouffe. Plus là tout court, cendres envolées, on n’en parle plus et on tourne la page. Mais la page suivante est sale, la page suivante n’a pas ton odeur. Ils ont raison, on ne ferme jamais totalement les yeux, ou c’est seulement moi qui ne sait plus dormir. Réapprendre. Réapprendre sans toi, et revivre, ou faire comme si. Tirer sur la clope à s’en exploser le corps, mais tout ça ne changera pas, les jours ne se rembobinent pas, et le silence est le seul à me répondre. Il y a pire que les larmes. Ne même plus savoir pleurer tellement la gorge est écrabouillée, détruite. Tellement pleurer n’a plus d’impact, plus d’emprise. Le manque, rien ne l’estompe, et la lumière s’efface un peu. Les plus mauvaises nuits, et la chanson qui se balade l’air de rien, mais je t’entends encore. Je t’entends moins fort, ta voix grésille mais elle est bien là. Maudits soupirs, mauvais matins. Je devrais me cacher sous l’oreiller, relever le drap sur mes yeux et ne plus y penser, mais. Cette nuit je t’ai encore tué, mais qu’importe ? Tu es plus que jamais vivant en moi. Un lit défait à te rechercher, le désordre et l’absence… Et si tu reviens ? Et si je te revois, mais si je te revois… Je ne sais pas ravaler les sanglots comme toi, pardon, je ne sais pas faire comme si le ciel était bleu alors qu’il crache des gouttelettes de sang. Et les murs se fondent autour de moi, si j’avais su. Si j’avais pu panser tes plaies, embrasser les cratères sur ta peau. Peut-être ?

J’avais jamais appris à dompter les silences.

Le parquet est froid sous les pieds, froid à en crever et les étoiles sont toutes mortes. Une à une, ravalées par le néant. Tout va bien, je vous sourirai et vous mentirai, tout va bien. Et vous pourrez partir en croyant chaque mot, vous pourrez partir en me pensant heureuse, mais lui se serait retourné. Il m’aurait pris les mains, et les aurait serrées fort comme s’il craignait que je puisse m’envoler. Il aurait su, autant que vous ignorez. 04:31 couchée sur le parquet, troisième clope de la soirée. Ou de la nuit, déjà bien entamée, mais la notion des jours m’échappe, et je respire. De travers, en l’air, pour de faux mais je respire. C’est fou de se souvenir à ce point des mots, de la fragilité, de ces petits riens qu’on ne perdra jamais. Les phrases qui me faisaient doucement rire, parce qu’il n’y avait que toi qui étais assez fou pour les prononcer. Fou ? On te disait marginal, je crois que tu étais le plus humain de tous. Humain au sens pur, tu sais. Pas au sens sale et pathétique. Pas comme on en aurait eu peur, pas comme ceux qu’on déteste. Seulement humain, et tout ira bien. La pluie a cessé, la neige l’a remplacée. Tempêtes dans mon esprit, à force d’essayer de se remémorer. Les oiseaux sont tous tombés. Morts. A terre, enterrés. Pas besoin de tombe, trop petits peut-être, insignifiants et mal aimés. Et toi, toi qui leur avait fait un cimetière, et toi. Pour qu’ils puissent reposer en paix, toi à qui on n’a rien donné de tout ça. Mais arrête Nath, pleure pas. Je t’ai fait la promesse, tu te souviens ? N’aie pas peur merde, tu sais pas que j’suis invincible ? Qu’on pourrait l’être, si tu veux bien, mais arrête de pleurer, arrête. Je croyais que tu l’étais oui. Je croyais. Comme une gamine qui croit en l’éternel, je croyais en toi, que rien n’arriverait. La paresse du temps qui passe, plaies encore ouvertes marquées par la vie, et les lourdes gouttes salées me creusent des sillons sur les joues. Idiote, trop tard, tu arrives au moment où le corps est mis en terre, alors range tes fleurs. Range tes pleurs. Ce soir, ma salive a pris un goût de sang. Amer. Amer et salé. Ton sourire joue à cache-cache, le mien est déjà envolé. Il reviendra demain, comme si de rien n’était. Je ne veux pas d’un cœur cactus, alors je pleure à contre courant. Par défaut. Il me faudrait un parapluie, ou je finirai noyée. Un parapluie couleur de temps, comme la robe de Peau d’Âne, pour pouvoir le remonter. J’entends encore le timbre de voix, doux, unique, et douloureux comme un adieu. Les chansons qui ne veulent rien dire, fredonnées en souriant. J’entends encore la respiration, peut-être trop rapide, et je sens sans arrêt les larmes sur ma joue, mais ce ne sont pas les miennes. Ce soir, je meurs pour toi, et peut-être que tu pourrais ressusciter, si on y croit assez fort. Pour une nuit, le temps d’un vrai au revoir, et des bras qui se serrent à n’en plus se lâcher. Ma peau se craquelle. La musique s’est arrêtée, les questions explosent et le silence est la seule réponse. Peut-être la tienne. Peut-être.

h1

Dialogue de sourd(e)s

février 22, 2009

- Les muscles et la peau par dessus. Il n’y a pas à chercher très loin, te creuser le cœur, la tête, la vie. C’est inutile. Je ne suis que muscles, et la peau par dessus, je suis une enveloppe. Au fond tu vois, c’est pratique de faire celle qui ne ressent pas. Je passe et repasse mais ne m’arrête jamais.

- Le cœur est un muscle.

- Et c’est Décembre dans mon cœur. Tu vois, j’ai le mot pour tout, celui qui fait vaciller. C’est Décembre, mais il ne neige pas. Ca serait bien trop doux, l’effleurement. L’effleurement. Non, il gèle.

- Tu pleures.

- Je déteste le temps qui passe, tu sais. Tu vois, parce qu’il y a les souvenirs. De ceux qui coupent la respiration, qui laissent sans mot parce qu’il n’y a rien à y répondre. Des vicieux. La pointe sous la poitrine, c’est toi. Ou elle. Peut-être moi. Voilà, où ça nous mène, les dialogues intérieurs. L’an dernier encore, on se prenait automatiquement la main, il n’y avait pas de question à se poser. C’était nous deux & les rires en cascades. Aujourd’hui, je ne sais plus bien quoi en faire, de ces silences. J’en ai plein les bras, plein la gorge. Ils débordent de tout coté. Toi avec, tu t’échappes, tu en ris. Tu fais celui qui ne voit rien.

- Les choses changent, Nath.

- Et c’est bien ce qui retourne le ventre, de ne rien pouvoir y faire. Les choses changent. De ces phrases toute faites, ces phrases sans signification. Mais c’est moi. C’est moi. Tu me parle comme à une fille que tu connaîtras à peine, ta politesse, tes excuses. Mais serre-moi contre toi, détruis-moi. Dis-moi ce qui pèse. Frappe-moi si tu veux, tue-moi mais reviens. J’ai la gorge acide, j’étouffe et tu ne vois pas. Tais-toi. Parle-moi. Avant, on n’avait pas besoin de ces mots là, c’était naturel, ça glissait comme dans un rêve. Putain de rêve qui explose en morceaux, et j’aimerai te dire, que j’aurai voulu ne jamais te connaître, ce serait mentir.

- Ou pas.

- J’ai peur de l’après, de l’avant. J’ai peur de toi, de ce nous réduit en bouillie douteuse. Je t’aime encore, je te déteste. T’expliquer, ce serait parler au vent, aux murs. Ca n’a pas de sens.

- N’en cherche plus.

- Et ne me répète pas que les choses changent. Nous deux, ce n’était pas qu’une chose, c’était la première fois, le cœur qui éclate de trouver quelqu’un qui me regarde dans le blanc des yeux, qui me serre dans ses bras, qui se marre de mes conneries, c’était le cœur qui n’en peux plus, de rire, de vivre, de t’expliquer que jamais, jamais personne ne te remplacera. Tu es le premier, surement le dernier, tu es celui qui m’a tout appris. Je te hais autant que je t’aime. Peut-être, est-ce incompatible. Et je m’en fous. Je me fous, du reste, m’enfermer dans le vide reste la meilleure des façons d’oublier. Je ne veux pas oublier.

- Je te possède. Je danse sous ta peau. Tu n’oublieras pas.

- Et tu ne comprends pas. Je voudrais foutre en l’air tous les miroirs de la maison, les meubles, les souvenirs, l’immatériel. Jusqu’où est-ce que je devrais aller pour que tu ouvres enfin les yeux ? Tout a changé mais je ne veux pas, je ne veux pas, je ne veux pas. J’y croyais, à ces conneries de ça ne finira pas. Il n’y a donc pas que l’amour qui bousille un cœur et fait chialer la nuit. Et pour moi, est-ce que tu pleures aussi ? Est ce que tu te demandes si j’ai besoin de toi, là, maintenant ? On se croise comme deux inconnus. Tu es comme une épine sous le pied qu’on n’arrive pas à arracher. Tu brûles. Tu obsèdes. Tu me bousilles, à force de rester, à force de t’en aller. Je suis peut-être, trop possessive, accrochée, protectrice. Je t’aime juste peut-être un peu trop que ce que j’aurais du t’aimer. Un peu trop, que ce que tu m’aimes. Tu fais pencher la balance du mauvais côté, et je tomberai bientôt. Je me cogne dans du vide. La vérité, c’est que tu me manques.

- Arrête peut-être seulement de trembler.

h1

Seule au bord du ravin, j’te dis “on y va”.

février 22, 2009

Je crois qu’au fond, ce qui me tuera, ce n’est ni le couteau ou la corde, ni la balle ou le train. Ce qui me tuera, c’est de continuer à avancer, les yeux grands ouverts.

Les baffles hurlants à des poussières de centimètres de chaque oreille, mais je n’entends rien. Peut-être seulement un vague chuchotement, un souffle lointain. Je pourrais m’étendre par terre, en flaques gluantes ou juste en me recroquevillant. C’est le même écran noir et blanc devant les paupières, comme des épingles fixées pour tenir les yeux ouverts, et qui les ferment quand elles se cassent la gueule. Au choix. Retrouver dans le bas du ventre quelque chose d’explosif, un bulldozer gigantesque, des dizaines de grandes tiges pétillantes, les étincelles comme celles qu’on mettait sur les gâteaux d’anniversaire quand on était gosses. Moi je les prenais dans les mains et j’avais toujours peur qu’elles m’explosent à la gueule. Ces étincelles fois mille dans tous les creux possible du corps, à m’étouffer quand tout remonte dans la gorge. Allez-y, prenez, tout ça, c’est à moi. Envie de bouffe, de musique à en faire imploser le crâne, d’alcool, de fumée et encore de bouffe, à ne plus savoir dans quel sens étendre les lèvres pour sourire, mais peu importe quand les larmes ont perdu le chemin à emprunter. Explose, fais péter tout ce qu’il reste des membres et des organes essentiels. Nourris-toi des spasmes qui font de ton corps un pantin animé. Les poignets craquent comme un bateau en pleine tempête, l’allumette suit à défaut du briquet, celui que je t’ai jeté à la figure parce que c’est la seule chose que j’avais dans mes poches. Tes états d’âme ne m’intéressent plus, je suis fatiguée de toute cette mascarade, cette mélasse informe que sont tes mots doux, tes caresses depuis la pulpe de tes doigts, et qui touche à peine la peau sans même en voir la couleur. Dégout, mépris, mais bouffe, arrache, sors quelque chose de censé pour une fois, quelque chose qui ressemble de près ou de loin à un semblant, rien qu’une miette de violence. J’ai besoin de cet ouragan-là, besoin de tout m’arracher pour avoir un peu l’impression d’être vivante, avoir un peu l’impression de me remplir autrement qu’en bouffant comme une dingue. Névrosée, addiction, manque, besoin, drogue, pulsions, sucre, gras. Ma vie qui défile. Etalage répugnant de mes conneries adolescentes, et me voilà rassurée de passer pour une enfant martyr. Allez-y, prenez, tout ça, c’est à moi. Il est neuf heures du matin et j’en suis déjà à réfléchir. Mes clopes ont pris un gout trop fade et trop sec, les joues sont creusées par les sillons de ces pluies acides qui montent à l’intérieur de moi mais qui ne daignent plus sortir à présent. Game over, on remballe tout, le spectacle est terminé. A l’intérieur c’est le dépotoir. Mes veines, explosées. Mes organes, éparpillés. Le regard devient flou et la cadence cardiaque s’accélère. Les yeux sont ouverts, je le sais. Mais après tout, The Show must go on. Tant qu’il restera du Prozac dans la boite.

h1

Et on pourra maitriser notre destin.

février 21, 2009

Encore un nouveau blog. Probablement éphémère, je n’en sais trop rien. Aujourd’hui à vrai dire, il est plus une alternative à la maintenance de Cowblog qu’un réel recommencement.

Mon chat est aphone depuis plusieurs jours, c’est assez désolant de le voir tenter de miauler sans qu’aucun son ne sorte. En plus, je ne l’entends plus lorsqu’il est à ma fenêtre. J’ai une vie tellement passionnante.

Je n’ai rien à dire, et pourtant qu’est-ce que j’aimerais. Parler des heures et des heures, trouver des mots intéressants et contructifs. Mais rien ne vient. Il arrive dans 9 jours, et c’est encore trop long. Ou trop court, je ne sais plus vraiment.

De toute manière, à quoi bon.

h1

Teardrop on the fire of a confession.

février 21, 2009

Il parait que les garçons ne pleurent pas. Tu vois, je ne suis pas un garçon, et les larmes pour uniques couteaux lacèrent en moi les plus infimes bribes d’énergie accumulées en un monticule indigeste et hermétique. Je ne sais plus dire pardon, je ne sais plus dire ce n’est pas grave. Oubliées, les formulations bateaux et dérisoires. Celles que l’on prononce du bout des lèvres, dans un souffle, dans l’espoir ridicule qu’elles atteignent leur but sans trop de dégâts. Mais les plaies sont ouvertes, béantes et liquides à souhait. Disséminées de part et d’autre d’un besoin irrationnel de liberté, et une fierté à en faire vomir le plus orgueilleux des hommes. La chute au plus profond de l’indicible amertume se matérialise alors en un soubresaut de lucidité, pieds et poings liés face à l’apocalyptique jouissance d’une absolution qui ne vient jamais. Le masque construit par facilité s’effondre dans un vacarme assourdissant, un tas de cendres musical. Et l’éphémère sensation de sécurité s’évapore en silence, engloutie par l’absence de repères qui brûle au creux du ventre.

Heureusement qu’il y a la pluie pour tout effacer.