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Pour panser de coton le pauvre Monde.

février 22, 2009

La pulpe des doigts tremblants qui court de plus en plus vite et cogne les os en forme d’escalier. Implose de douleur, implose. Mais lève les yeux et souris sans faire battre ton cœur dans le bon sens. Les cailloux nacrés, les cailloux. Mais ils ne roulent pas sur commande le long des joues. Ses yeux trop bleus font barrière. Elle pourrait apprendre à coudre et raccommoder toutes les plaies encore trop fraiches. Gouttes de citron dans sa chair à vif, mords ton oreiller puisqu’il ne veut pas t’écouter. Les notes se perdent plus de jour en jour au fond de la mémoire, il parait qu’elles s’enfouissent. Comme on efface une tache d’un petit geste du poignet, les sanglots déjà juste au bord des lèvres. Pourquoi je tremble ? La tasse de thé me glisse des mains et vient s’éclater contre le sol. Bris de verre contre mon cœur, en rythme, à mesure que le temps avance, les coupures se font plus profondes. Quand t’es parti, quand tu t’es levé sans un seul petit regard. J’aurais voulu te dire, te hurler comme je t’aime, mais j’ai peur de tes yeux qui restent froids quelques soient mes mots. Hier, tu sais. Tes mains que j’aurais voulu prendre dans les miennes, mais j’ose jamais et je me mens, je me raconte de belles histoires qui parlent de mon bonheur, mais j’en vois rarement le bout du nez. J’aurais bien aimé te courir après et te balancer tout ce que j’ai sur le cœur et qui coince, que je n’ose jamais te dire, tout ce qui me froisse. Tout ce qui me fait pleurer. Je n’ai su que rester plantée là à te regarder t’éloigner en me tordant les doigts. Ton silence. Ton silence au fond du crâne, résonne, résonne, j’en crève tu sais. La route se tord et aucun de nous ne peut en apercevoir le bout, de toute façon je reste recroquevillée sous mes draps, incapable de faire un geste. Mes membres ne réagissent pas, mes poumons sont comprimés comme à cause du manque d’air, mais juste. Souris-moi, comme avant. Comme le petit garçon qui refuse de regarder avancer le temps, comme le petit garçon qui a peur de grandir. Les épingles ne tiennent plus mes lèvres en place, mais il parait que comme toujours je saurai les replacer en attendant le prochain coup de vent, et ça ira. On y croit le sourire saveur plastique, mais on y croit. Tes yeux comme des aimants, mais je me sens terne quand je les vois tellement tu me hurles par le regard que jamais ça ne recommencera. Tu entends ? Je grince quand je pense à toi, je suis usée comme un vieux morceau de tissu, cassée comme une branche de bois. Pourquoi je tremble, pourquoi moi ? Pourquoi toi. Je m’éparpille pour mieux perdre mes repères, mais je ne crois pas aimer ça. Les éraflures sont souvent superficielles quand on les regarde par derrière, mais pose tes yeux contre mon cœur et tu pourras frôler les cratères. La veine palpite un peu plus sous le doigt, enfonce-le encore et sens-la se débattre, chercher à s’échapper et céder sous la pression, céder. Mon trottoir est sali, souillé par mes histoires d’amours endommagées, mais j’y cours de plus belle sans penser au vide où je vais dégringoler. Il y a tes mots, les douces paroles un peu trop sucrées, mais tu connais l’amertume, la peine, les graviers par milliers qu’on balance sur tout ton corps ? Je bouffe les jours qui s’échappent et que je n’arrive jamais à rattraper, le regret est une maladie. Il ronge, il détruit. Et tes yeux, et tes couteaux. Et puis trois petits mots au milieu des sanglots, juste se rendre compte. Ceux trop difficiles à prononcer qui restent bloqués tout au fond de la gorge. Un peu trop sèche, éraflée, brisée. Et les lambeaux qui me servent de peau mais qui savent seuls se reconstituer. Les lambeaux, je te les ferais bouffer, jusqu’à la dernière miette, jusqu’au dernier morceau de mon corps déchiré. Parce que quitte à tenter d’être heureux, autant en même temps m’oublier.

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