
Soumise au point.
février 22, 2009Il est l’heure pour moi de faire le point.
Pas le genre de mises au point temporaires que l’on fait tout le temps, comme pour se donner l’illusion de ne pas stagner. Vraiment une remise en question, le grand nettoyage que j’oublie de faire depuis bien des printemps déjà.
J’ai besoin d’air. Besoin d’espace. Besoin d’être à ma place. Le souci, c’est que j’sais pas vraiment où elle est, ma place. Que ce soit au lycée, à la maison, chez des potes ou seule dans un parc, j’ai un vide. Mais genre le vide-gouffre. L’espèce de trou béant situé vers la gauche, dans le haut du sternum. J’ai des envies. Des simples envies. Et j’ai des manques. Eux par contre, j’peux pas vraiment dire qu’ils sont simples. J’ai des besoins que je gère très mal. J’ai des pulsions incontrôlables. Bref je suis soumise. Je suis dépendante. Je suis dominée.
Par qui ? Bonne question.
Fondamentalement, j’ai peur de cette question. Je déteste me la poser, du plus profond de mon cœur. Me la poser, c’est me l’imposer. OUI, je suis accro. Mais à quoi ? A qui ? Pourquoi ? Pour combien de temps encore ?
Voilà pourquoi je hais me la poser. Pour toutes ces questions subsidiaires qui en découlent. J’ai dû recommencer trois fois le texte que je suis en train d’écrire. Trois fois. Et cette version-ci est totalement différente de ce que je voulais en faire au départ. Mais tant pis. Texte vital non-prévu. Et je ne m’en excuserai pas.
Une de mes dernières discussions avec Mathieu m’a profondément chamboulée. J’ai ouvert les yeux sur certains aspects de ma vie que je me borne à enfouir en moi depuis trop longtemps déjà.
J’écoute à longueur de journée des paroles incitant à la vie absolue et à l’infini paradisiaque. Mais j’en oublie l’essentiel.
Tous les jours un peu plus, je me reconstruis de tout Ça. De tout ce qui s’est passé. Et de tout ce qui me hante encore aujourd’hui.
Prendre ma plume, y mettre de l’encre, la faire glisser sur du papier. L’encre est rose. Je ne la voulais pas d’une autre couleur. Pourquoi du rose ? Encore une bonne question. Sans doute parce que c’est la couleur de mes souvenirs. Après tout, tout vaut mieux que le noir ou le rouge.
Je dors mal. Mon sommeil anarchique ne fait que me conforter dans ma situation disjonctive. Et puis, je l’avoue, le rouge pour mes murs, ce n’était pas une bonne idée. A trop vouloir me libérer, je me suis posé mes propres verrous.
Ca fait 5 jours que je ne suis pas sortie de chez moi. Cinq jours que je suis presque tout le temps en pyjama. *Faut te reprendre en main*. Ouais, possible. Mais à force d’avoir permis aux gens de s’accrocher à moi, j’ai plus de main libre. J’ai tellement tiré les gens vers le haut que je n’ai même plus la force de me maintenir debout. Et la chute est proche.
Je ne sais pas si j’ai besoin d’aide. Je pense plutôt avoir besoin d’amour. Peu importe sa forme. Je suis prête à accepter. J’ose à peine mettre le mot amitié. Bien sûr que j’ai des ami(e)s. J’suis loin d’être un vilain petit canard, pauvre djeunz rebelle et rejetée de la société (sa mère la tepu ziva wesh wesh, même).
Simplement, je suis quelqu’un de trop existentiel. A défaut d’exister.
Plus j’avance et plus je me heurte aux balises que je me suis fixées. L’ivresse éphémère d’un sourire me fait perdre un équilibre trop peu stable déjà en temps normal, et la buée de mes larmes voilent partiellement la trajectoire que, tant bien que mal, j’essaie de poursuivre. (J’en connais une qui dirait que je devrais arrêter d’écrire comme si je faisais un bouquin, mais tant pis, j’assume).
Chaque fois, j’ai peur de sombrer dans la plainte et la lamentation avec ce texte. Alors que ce n’est qu’une remise en question. C’est pour ça que je pense m’arrêter ici.
Alors les gens, SMILE. Après tout…
La Vie Est Belle (*)
(*) offre soumise à conditions