
Will you come home and stop this pain tonight?
février 22, 200903:12 à la fenêtre, même les étoiles sont parties dormir. Mais tu disais ne jamais fermer l’œil sans avoir chassé chaque nuage un peu trop sombre. Et puisque cette nuit, il pleut dans ma tête. Tout sera trempé quand je voudrai balayer, et il fait lourd, trop lourd pour y penser. Tant pis. Cette nuit, le nuage porte ton nom, et il est plus noir que jamais. Les volutes de fumée, Indochine pour seule compagnie quand toutes les ombres sont parties. Les Nuits Intimes, et comment ne pas laisser s’échapper quelques larmes ridicules, quand on ne sait plus comment revenir en arrière. Les oiseaux ne chantent pas quand il fait si noir. Les oiseaux ne chantent pas quand je pense encore à toi. Au placard, l’ivresse, la beauté, les jours et les nuits confondus, mêlés. Au placard, les sourires incrustés, comme pour prouver qu’ils ne s’estomperont jamais. Chhhhht, ne pleure pas Nath. S’il te plait. Mais tu n’es plus là pour me prendre la main quand j’étouffe. Plus là tout court, cendres envolées, on n’en parle plus et on tourne la page. Mais la page suivante est sale, la page suivante n’a pas ton odeur. Ils ont raison, on ne ferme jamais totalement les yeux, ou c’est seulement moi qui ne sait plus dormir. Réapprendre. Réapprendre sans toi, et revivre, ou faire comme si. Tirer sur la clope à s’en exploser le corps, mais tout ça ne changera pas, les jours ne se rembobinent pas, et le silence est le seul à me répondre. Il y a pire que les larmes. Ne même plus savoir pleurer tellement la gorge est écrabouillée, détruite. Tellement pleurer n’a plus d’impact, plus d’emprise. Le manque, rien ne l’estompe, et la lumière s’efface un peu. Les plus mauvaises nuits, et la chanson qui se balade l’air de rien, mais je t’entends encore. Je t’entends moins fort, ta voix grésille mais elle est bien là. Maudits soupirs, mauvais matins. Je devrais me cacher sous l’oreiller, relever le drap sur mes yeux et ne plus y penser, mais. Cette nuit je t’ai encore tué, mais qu’importe ? Tu es plus que jamais vivant en moi. Un lit défait à te rechercher, le désordre et l’absence… Et si tu reviens ? Et si je te revois, mais si je te revois… Je ne sais pas ravaler les sanglots comme toi, pardon, je ne sais pas faire comme si le ciel était bleu alors qu’il crache des gouttelettes de sang. Et les murs se fondent autour de moi, si j’avais su. Si j’avais pu panser tes plaies, embrasser les cratères sur ta peau. Peut-être ?
J’avais jamais appris à dompter les silences.
Le parquet est froid sous les pieds, froid à en crever et les étoiles sont toutes mortes. Une à une, ravalées par le néant. Tout va bien, je vous sourirai et vous mentirai, tout va bien. Et vous pourrez partir en croyant chaque mot, vous pourrez partir en me pensant heureuse, mais lui se serait retourné. Il m’aurait pris les mains, et les aurait serrées fort comme s’il craignait que je puisse m’envoler. Il aurait su, autant que vous ignorez. 04:31 couchée sur le parquet, troisième clope de la soirée. Ou de la nuit, déjà bien entamée, mais la notion des jours m’échappe, et je respire. De travers, en l’air, pour de faux mais je respire. C’est fou de se souvenir à ce point des mots, de la fragilité, de ces petits riens qu’on ne perdra jamais. Les phrases qui me faisaient doucement rire, parce qu’il n’y avait que toi qui étais assez fou pour les prononcer. Fou ? On te disait marginal, je crois que tu étais le plus humain de tous. Humain au sens pur, tu sais. Pas au sens sale et pathétique. Pas comme on en aurait eu peur, pas comme ceux qu’on déteste. Seulement humain, et tout ira bien. La pluie a cessé, la neige l’a remplacée. Tempêtes dans mon esprit, à force d’essayer de se remémorer. Les oiseaux sont tous tombés. Morts. A terre, enterrés. Pas besoin de tombe, trop petits peut-être, insignifiants et mal aimés. Et toi, toi qui leur avait fait un cimetière, et toi. Pour qu’ils puissent reposer en paix, toi à qui on n’a rien donné de tout ça. Mais arrête Nath, pleure pas. Je t’ai fait la promesse, tu te souviens ? N’aie pas peur merde, tu sais pas que j’suis invincible ? Qu’on pourrait l’être, si tu veux bien, mais arrête de pleurer, arrête. Je croyais que tu l’étais oui. Je croyais. Comme une gamine qui croit en l’éternel, je croyais en toi, que rien n’arriverait. La paresse du temps qui passe, plaies encore ouvertes marquées par la vie, et les lourdes gouttes salées me creusent des sillons sur les joues. Idiote, trop tard, tu arrives au moment où le corps est mis en terre, alors range tes fleurs. Range tes pleurs. Ce soir, ma salive a pris un goût de sang. Amer. Amer et salé. Ton sourire joue à cache-cache, le mien est déjà envolé. Il reviendra demain, comme si de rien n’était. Je ne veux pas d’un cœur cactus, alors je pleure à contre courant. Par défaut. Il me faudrait un parapluie, ou je finirai noyée. Un parapluie couleur de temps, comme la robe de Peau d’Âne, pour pouvoir le remonter. J’entends encore le timbre de voix, doux, unique, et douloureux comme un adieu. Les chansons qui ne veulent rien dire, fredonnées en souriant. J’entends encore la respiration, peut-être trop rapide, et je sens sans arrêt les larmes sur ma joue, mais ce ne sont pas les miennes. Ce soir, je meurs pour toi, et peut-être que tu pourrais ressusciter, si on y croit assez fort. Pour une nuit, le temps d’un vrai au revoir, et des bras qui se serrent à n’en plus se lâcher. Ma peau se craquelle. La musique s’est arrêtée, les questions explosent et le silence est la seule réponse. Peut-être la tienne. Peut-être.